Pourquoi j’ai décidé d’être travailleur autonome? Bon, allé, je me lance, je vais me confier à vous aujourd’hui. Je vais vous révéler mon secret. On a tous, dans la vie, un moment ou on doit faire le point, qu’il soit voulu ou pas. Le miens l’a été … Et ne l’a pas été en même temps. Bref, voici la petite histoire du «pourquoi».

Nous sommes en mai 1998 et je viens de terminer ma technique en graphisme. Je suis hyper motivé, j’ai hâte de travailler dans mon domaine. Au début, je décroche un boulot pour un organisme à but non lucratif, puis pour une petite entreprise de distribution d’équipements sportif pour les écoles, puis enfin pour ma toute première agence. Wow! Ça, pour moi, c’était LA grosse affaire, ce pourquoi j’avais étudié ;) J’étais plutôt fière de m’être tailler une petite place parmi ceux que j’appelais Les Grands. Par contre, dans mon fond intérieur, c’était le gros stress!

Et malgré tous mes efforts pour l’apprivoiser, je n’y suis jamais arrivé. En même temps, je croyais que c’était le lot de tout le monde. Avec le temps et l’expérience, je finirais bien par gérer la « bête ». Je voulais prouver que je pouvais devenir la meilleure et surtout ne pas faire d’erreur. C’était parfois pénible à supporter, surtout pendant les grosses périodes de rush (qui sont ma foi bien nombreuse dans le monde des agences). Le vendredi soir, j’étais complètement vidée. De plus, j’étais très souvent prise d’étourdissements et de toutes sortes de malaises étranges. J’avais un abonnement à la clinique médicale, mon dossier médical avait l’épaisseur d’un dictionnaire, j’étais convaincue d’être prise d’un mal que personne n’arrivait à identifier. J’ai cru, à ce moment, que c’était à cause du travail.

Alors, j’ai changé de boulot, puis changé encore, et encore. Ensuite, j’ai changé plein de choses dans ma vie, puis encore… Chaque fois en me disant que j’allais finir par me sentir bien, peut-être. J’ai fait de l’aqua-forme, de l’aérobie, du thaï-boxing, de la poterie, du yoga, j’ai joué à l’ordinateur, j’ai pris des bains et de graaaaaandes respirations… Mais non… Le méchant stress me suivait maintenant partout, tout le temps. J’avais cette vilaine boule dans l’estomac qui ne me quittait plus jamais. Puis j’ai commencé à faire de l’insomnie. Après 5 mois sans une seule vraie bonne nuit de sommeil, par un beau matin du 26 décembre 2010, plus moyen de marcher. J’étais complètement épuisée.

C’est alors qu’à deux heures du matin, en larmes, j’ai demandé de l’aide à mon plus grand confident: mon amoureux, mon précieux (comme j’aime l’appelé). C’est alors qu’il me dit « On va aller voir le médecin ensemble, je veux que tu sois bien. On va traverser ça ensemble. Tout ira bien. » Merci mon précieux.

Après plusieurs rendez-vous chez le médecin, le verdict est finalement tombé: Anxiété généralisée. On me dit que je suis comme ça depuis toujours, que mon cerveau ne perçoit pas le stress comme la majorité des gens. Le miens est toujours en mode: Vous êtes pourchassé par un lion! Fuyez! Voilà pourquoi il est impossible pour moi de « reprendre » mon calme. On me dit que je vais devoir prendre des médicaments pour le reste de ma vie. Ouf… Je ne le prend pas du tout… Bref, je stress! Quoi de neuf! ;)

Mais bon, il faut bien se soigner. Après tout ce temps à combattre ce stress, il s’est tranquillement transformé en angoisse, puis finalement en anxiété. Comme je combattais depuis toujours, mon corps à décidé pour moi, il a mis la machine hors d’usage. On m’a mise en congé forcé et j’étais méconnaissable pendant les premières semaines. Je ne riais plus, je ne mangeais plus, je n’avais aucune concentration. En fait, la machine était sur « reboot ». Je n’ai pas travaillé pendant 4 mois, j’ai dû apprendre à ne rien faire. Les médicaments qui disent à mon cerveau qu’il n’y a aucun lion ont fait leur effet et j’ai recommencé à respirer. Et enfin, j’ai (enfin) apprivoisé le sommeil et recommencé à dormir. Dormir beaucoup… et longtemps!

Et c’est là que j’ai réalisé ceci: Tout va tellement vite dans notre monde! Le travail, les enfants, la famille, les amis, l’argent, les dettes, allez, vite, plus vite, toujours plus vite, mais sans jamais avoir plus de temps. J’ai la ferme conviction que l’humain n’est pas fait pour vivre à ce rythme. Ni moi, ni personne, mais particulièrement moi en fait. Notre société nous entraine à suivre un modèle, à suivre le groupe, à être productif, rentable. Je ne peux pas vivre à ce rythme, sinon je ne vis tout simplement pas. Je survie. Comme nos ancêtres qui fuyaient les lions. Voilà pourquoi j’ai choisi de travailler à mon compte, à mon rythme. Je veux vivre pleinement ma vie, être près de ma famille et de mes amis. Avoir le temps de respirer. J’ai décidé de choisir mon horaire, de respecter mon rythme, d’être zen et enfin bien dans ma peau.

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